Nos luttes pour…

Observations de biodiversité

Voici un exemple de liste de la faune abritée dans nos bouchures, un exemple qui nous a été reporté par une naturaliste à Saint-Gilles. Ces espèces sont directement menacées et souvent détruites lorsque des haies sont réduites au carré, taillées à blanc voire comme souvent, simplement labourées.

http://www.bocageenperil.fr/wp-content/uploads/2017/03/observations-saint-gilles-2005-2016.pdf

EOLIENNES ET ECONOMIE LOCALE – INCOMPATIBILITE ET CONSEQUENCES

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Nos villages voient leurs populations vieillir et chaque départ n’est pas remplacé. Depuis plusieurs années, on observe selon les communes, une seule naissance pour trois ou quatre décès, voire plus.
Quelles familles viendraient s’installer, quels retraités souhaiteraient revenir, trouver le calme et la quiétude à la campagne, dans un champ d’éoliennes industrielles ? Si par bonheur, certains acceptaient de s’installer près des pylônes des aérogénérateurs, ce serait parce que leurs moyens ne leur permettraient pas d’acquérir un bien ailleurs. Ils ne viendraient qu’après avoir obtenu une dévalorisation de 10 à 40 %, comme le précisent certains notaires.

On assiste donc, avec l’apparition des éoliennes, à une accélération de la désertification rurale

Ce n’est pas sans incidences sur le commerce local et l’activité des artisans. Bon nombre de travaux de rénovation sont dus à des commandes passées par des retraités, qui reviennent au pays ou, pour des résidences secondaires. Les retraités, représentent 40 à 50 % de la population de nos communes et prennent une part conséquente dans la vitalité des échanges et des services.

Les « porteurs de projets » – et les profiteurs de tout poil à leur suite – qui ne sont pas à un mensonge près, n’hésitent pas à présenter les éoliennes comme une attraction touristique. Aujourd’hui, alors qu’elles banalisent déjà nos paysages, elles sont un véritable repoussoir et la désaffection des touristes pour ces territoires saccagés par cette invasion, est patente. Ils recherchent un cadre authentique en prise directe avec la nature, des paysages préservés, la tranquillité visuelle et sonore ainsi qu’un ciel étoilé que l’on ne trouve plus en ville. C’est le dernier luxe que nous avons à partager avec nos visiteurs.

Les associations d’hébergeurs comme les Gîtes de France*, notamment, ne donnent plus d’agrément lorsque des éoliennes sont présentes ou que des projets sont en cours d’étude. Sans agrément, pas de label. Or, ce dernier conditionne l’attribution des subventions, accordées par les collectivités territoriales. De nombreux projets seront abandonnés, faute de financement.

C’est toute la chaîne économique qui s’effondre : commerce, artisanat local et hébergement. Ce qui ne peut qu’amplifier la désertification de nos villages, au seul bénéfice de promoteurs étrangers à notre région. Cela n’est-il pas contradictoire avec les objectifs de développement touristique, affichés pas les communautés de communes ?

*attestation des Gites de France en Berry, du 14 01 2016

Nous demandons la mise en œuvre d’une politique économique cohérente, compatible avec les différentes sources de financement.

Mars 2017

Protéger les haies bocagères


Deux volets législatifs et réglementaires, protègent les haies : la loi sur la Biodiversité et la Politique Agricole Commune (PAC).

 La loi biodiversité

Cette loi (art. 172 qui créé l’article L. 350-3 du code de l’environnement), a su reconnaître la valeur patrimoniale des bouchures en créant un nouveau régime de protection qui impose notamment, une compensation en cas de coupe.

« Art. de la Loi Biodiversité : L. 350-3. – Les allées d’arbres et alignements d’arbres qui bordent les voies de communication constituent un patrimoine culturel et une source d’aménités, en plus de leur rôle pour la préservation de la biodiversité et, à ce titre, font l’objet d’une protection spécifique. Ils sont protégés, appelant [au] maintien, renouvellement, et une mise en valeur spécifiques.

Le fait d’abattre, de porter atteinte à l’arbre, [ou] d’un alignement d’arbres est interdit, sauf lorsqu’il est démontré que [il] présente un danger pour la sécurité des personnes [..] ne peut plus être assurée [..]. Des dérogations peuvent être accordées par l’autorité administrative compétente pour les besoins de projets de construction. Le fait d’abattre ou de porter atteinte à l’arbre, [..] donne lieu [..] à des mesures compensatoires locales. »

Cet article de loi précise donc que des dérogations peuvent être accordées et faire l’objet de mesures compensatoires. Ce texte ouvre donc la voie aux destructions « autorisées » à des fins mercantiles.

La Politique Agricole Commune

Dans son volet BCAE n°7 « maintien des particularités topographiques », elle encadre les pratiques de gestion des haies, autorisant le déplacement, et obligeant la replantation. Des sanctions sont prévues en cas d’arrachage non compensé. Les essences de remplacement ne sont pas précisées.

Ce volet de la PAC n’est pas suivi d’effet.

Sur le terrain les contrôles ne sont pas effectués par les services compétents, et les mesures (sanctions ou replantations) ne sont pas prises. Une fois qu’une haie a été coupée à blanc, elle n’existe plus, elle est rasée chaque année sans avoir été remplacée. Le manque de moyens de contrôles et de connaissance des lois, droits et devoirs de chacun est à l’origine de ce dysfonctionnement.

La bouchure, atout majeur pour notre territoire

Les haies jouent un rôle fondamental pour l’environnement, l’agriculture, et l’économie de notre territoire. Elles hébergent des espèces présentes sur la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Des espèces très utiles à l’agriculture évoluent dans la haie, comme les pollinisateurs, elles leur fournissent abri, nourriture ou lieu de reproduction. Le gibier en profite également.

Les haies, associée à leur talus et au fossé limite la pollution des sols, atténuent les crues et les conséquences économiques et environnementales des tempêtes, liées au changement climatique.

Les bouchures embellissent notre paysage, elles sont la base de notre patrimoine, et un atout économique majeur pour le développement du tourisme vert… et la filière bois-énergie !

Préserver les haies de ces destructions, c’est maintenir la biodiversité, protéger les sols, les nappes phréatiques et conserver le paysage bocager.

Les dispositions réglementaires de protection, définies à minima, ne sont pas respectées dans notre secteur bocager.

Exigeons la mise en place d’un véritable programme d’entretien et de développement de cette richesse, conformément à la loi et à la PAC, en concertation avec les acteurs locaux.

Mars 2017

Les bouchures : la loi

Si par ailleurs, nous saluons l’intention première de la loi Biodiversité, nous en dénonçons la déviance mercantile qui sans aucun doute a été rédigée par le lobby convaincant des industriels, qui manient l’alibi écologique à tout va.

Protéger les haies bocagères indigènes et les arbres isolés patrimoniaux : la loi biodiversité (art. 172 qui créé l’article L. 350-3 du code de l’environnement), a su reconnaître la valeur patrimoniale des alignements d’arbres en créant un nouveau régime de protection qui impose notamment, une compensation en nature en cas de coupe. Bien d’autres formations végétales (haies bocagères d’essences indigènes, vieux arbres…) répondent aux enjeux de préservation de la biodiversité, de limitation du réchauffement climatique, de lutte contre la pollution et jouent un rôle pour héberger des espèces figurant sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

« Art. L. 350-3. – Les allées d’arbres et alignements d’arbres qui bordent les voies de communication constituent un patrimoine culturel et une source d’aménités, en plus de leur rôle pour la préservation de la biodiversité et, à ce titre, font l’objet d’une protection spécifique. Ils sont protégés, appelant ainsi une conservation, à savoir leur maintien et leur renouvellement, et une mise en valeur spécifiques.

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L’EAU ET LES NAPPES PHREATIQUES

La nappe phréatique est une réserve d’eau qui se trouve sous la surface de la terre au-dessus d’une poche de terre imperméable. Les nappes phréatiques sont le plus gros réservoir d’eau potable de notre planète. Environ 95 % de l’eau douce est stockées dans ces nappes. Une grande partie de l’eau que nous consommons en est donc issue (entre 25 et 40%). Elle est alimentée par les infiltrations d’eau de pluie qui emporte avec elle des molécules de terre, de sels minéraux, d’engrais ou de produits chimiques (pesticides, nitrates etc.) répandus sur le sol, y compris par les particuliers.

Des pollutions de diverses origines

L’agriculture intensive représente une double menace pour les nappes phréatiques : elle entraîne une multiplication des pompages pour répondre à ses besoins en eau toujours grandissant. Elle utilise de nombreux engrais et pesticides que les eaux de pluie vont emmener dans les réservoirs souterrains. L’eau peut mettre beaucoup de temps à se renouveler en raison d’une pollution persistante.

La qualité de l’eau potable est assez médiocre et inégale. La dégradation s’est faite sentir d’une manière régulière depuis des dizaines d’années et nécessite de nombreux traitements pour la rendre consommable par l’Homme. Dans l’Indre, les habitants du canton de Tendu ingèrent des pesticides dont le taux de concentration dans l’eau est supérieur à la teneur maximale autorisée. C’est également le cas vers Béthines dans la Vienne et La Forêt-du-Temple dans la Creuse. Dans le secteur de Celon (36), les eaux sont polluées par du nickel et du chlorure de vinyle. En revanche, dans la Haute-Vienne, la qualité est globalement satisfaisante. Source : carte interactive de la qualité des eaux, publiée par de la fédération UFC Que Choisir. 01 2017

Que faire pour y remédier ?

Des actions sont portées localement par les collectivités, notamment par le biais d’opérations zéro pesticide, pour réduire l’usage des produits phytosanitaires. Mais, bien peu de communes de notre territoire ont adhéré à cette démarche. Qu’en est-il de l’application de la loi sur l’eau dans nos départements ? Qu’en est-il de la mise en conformité des ouvrages, sur les cours d’eau ?

Nous demandons : l’application de la loi sur l’eau, pour valoriser la continuité écologique, la protection des têtes de bassin, réservoirs de biodiversité dont le rôle de dépollution et de régulation est vital pour les populations. L’arrêt immédiat de l’utilisation des produits phytosanitaires, par les collectivités, conformément à la loi relative à la transition énergétique. La mise en œuvre avant 2019, d’actions de sensibilisation et d’information, à l’intention des particuliers.

Mars 2017

BOCAGE EN PERIL : DISPARITION DES ABEILLES ET POLLINISATEURS

Les abeilles et les insectes pollinisateurs disparaissent. Et pourtant, leur rôle est essentiel dans l’écosystème et la préservation de la biodiversité. Ils favorisent la pollinisation des plantes sauvages et cultivées et sont indispensables à toute l’agriculture. Ils contribuent à la production de notre alimentation. Sans insectes pollinisateurs, pas de fruits, pas de légumes, pas de fourrage pour nourrir les animaux… Ils sont indispensables à la survie de l’humanité. Depuis quelques années leur sort est devenu inquiétant; leur taux de surmortalité est anormalement élevé. Il atteint 30 à 35 %. Sur le banc des accusés : l’accumulation des substances chimiques utilisées dans l’agriculture, les OGM, les maladies et parasites qui les affaiblissent, les effets désastreux des monocultures et l’impact du changement climatique…

Les principales raisons de leur disparition

Les abeilles meurent de faim ou d’empoissonnement, en raison des pratiques agricoles conventionnelles; monoculture, usage des neurotoxiques présents dans l’eau et la sève des plantes … tandis que la nature sauvage propose des milliers de végétaux trop souvent jugés indésirables, y compris par les jardiniers amateurs : ronces, fleurs sauvages, pissenlits, orties, bourdaine, sureau, noisetiers, tilleul, châtaignier, acacia, érable etc.

Les bouchures locales disparaissent du paysage, alors qu’elles structurent les sols et la biodiversité à peu de frais. Trop d’exploitations couvrent des centaines d’hectares de monoculture et certains jardins de particuliers sont surdosés en substances chimiques. Les collectivités taillent les haies de façon inappropriées : il n’y a plus de place pour la biodiversité.

Comment sauver les abeilles et les insectes pollinisateurs ?

Il est urgent et impératif de développer des moyens alternatifs aux pesticides chimiques, neurotoxiques, de revenir à une agriculture en lien avec nos territoires, de mettre un terme aux pratiques d’agrandissement des exploitations et d’en finir avec la monoculture.

Les responsables publics doivent aller plus loin que les grands discours, en prenant maintenant, les mesures d’urgence qui s’imposent pour sortir l’agriculture du tout chimique : développer l’agroforesterie et l’agriculture biologique. Ces deux méthodes offrent de nombreux avantages : création d’emplois locaux, respect des sols, de l’eau et de la biodiversité, production de qualité*. Telle est d’ailleurs, la demande des consommateurs.

*Quantifier et chiffrer économiquement les externalités de l’agriculture biologique ? – ITAB (Institut Technique de l’Agriculture Biologique) – 11 2016
Nous demandons la mise en œuvre d’un véritable programme de sauvegarde, dans le cadre du Schéma de Cohérence Territoriale Brenne-Marche (SCOT), en cours d’élaboration.

Mars 2017